J'ai réfléchi en lisant plusieurs blogs, plusieurs opinions différentes, allant soi dans le renforcement de la loi ou de son démantèlement, mais tournant toujours autour du même sujet. L'usage du français à Montréal et en Outaouais, les régions du Québec où il y a des gens pour chialer sur la compétition que lui fait l'anglais. Le reste du Québec is not relevant.
Cela ressort tout le contexte de droits individuels vs. droits collectifs. Et à savoir est-ce que les droits collectifs existent? Et à me poser la question de savoir si le problème dans la loi même, qui donne un faux sentiment de "protection" du français. Et à voir si dans le fond des choses, le vrai problème en est un de perception de ce qui peut être protégé ou non.
On peut protéger les individus, mais on ne peut pas protéger une langue en tant que tel, et restreindre l'accès à l'éducation pour celle-ci - à savoir qu'il n'y a pas de liberté de choix pour la langue dans laquelle on donnera l'instruction.
Si on pense à la Charte canadienne (et québécoise) des droits et libertés, le droit au discours et à la libre expression est protégé. Quelque soit la langue dans laquelle cela est fait évidemment. Ceci vient du fait que ce sont des droits individuels qui sont mis à l'avant plan.
Est-ce que la politique de bilinguisme d'un océan à l'autre dans le gouvernement fédéral fonctionne? N'importe qui de sensé dira que non et que de facto, il n'y a qu'au Québec et au Nouveau-Brunswick (dans certaines régions) que c'est possible de se faire servir en français.
Le bilinguisme officiel conforte les gens dans leur monolinguisme, c'est-à-dire qu'en théorie, j'ai le droit de me faire servir en français partout au Canada (dans la pratique c'est de la foutaise), j'ai le droit de me faire servir en anglais partout au Canada (dans la pratique c'est ce qui marche), donc on a une loi à deux poids et à deux mesures!
L'unilinguisme officiel du Québec, entendre par là français seule langue officielle, si le Québec était un État souverain, encouragerait le bilinguisme et trilinguisme, chez les gens dont la langue maternelle n'est pas le français. Dans un Québec province dans lequel sa loi entre en concurrence avec celle du pallier fédéral, ça donne des situations où de facto le bilinguisme officiel l'emporte, favorisant toujours l'anglais de manière naturelle!
Mais le véritable problème avec les deux énoncés précédents, c'est le manque de sensibilité à la grandeur des collectivités - on essaie de faire des lois qui s'applique à un grand groupe, comme le Canada en entier, ou bien le Québec en entier, alors que la réalité du terrain est plus diverse.
Un problème individuel
Je l'ai déjà dit, je suis fier de ma langue "maternelle", je devrais plutôt dire la langue paternelle car la langue de ma mère c'est le vietnamien - et elle parle, écrit et lit le français de manière impeccable, mieux que mon père (!), et elle se débrouille en anglais. J'aime ma langue. J'aime parler plusieurs langues. C'est elle qui m'a aidé à acquérir cette maîtrise du français. Pas l'école, du moins pas seulement. L'école peut donner un cadre à suivre - on espère qu'il ne soit pas trop peu exigeant - mais la responsabilité de s'assurer qu'un enfant sait lire et écrire revient aussi au parent. Je sais que ce ne sont pas tous les parents qui sont nécessairement capables, par manque d'éducation trop souvent. Il y a donc un cercle vicieux - on ne valorise pas l'éducation à sa valeur au Québec - et on se ramasse avec une génération incapable d'éduquer ses enfants! Merde.
Trop de francophones ne sont pas fiers de leur langue. C'est le coeur du problème. Personne ne va respecter quelqu'un qui de prime abord ne se respecte pas. Personne ne va respecter quelqu'un qui ne se tient pas debout, INDIVIDUELLEMENT. C'est un choix que les individus dont la langue d'usage est le français d'exiger le français. Ce sont les actions individuelles qui additionnées ensemble deviendront une force, pas une législation visant à protéger un groupe, comme la loi 101. L'argent parle davantage que la législation - ne laissons pas seulement le bénéfice de la défense du français à des groupes en particulier. Faire savoir qu'on n'est pas satisfaits du service (quand on ne parle pas français dans un établissement privé) et refuser de payer EST la seule et unique manière en démocratie et dans un pays libre de se faire respecter dignement. C'est la seule manière de se faire traiter en adultes responsables, pas en enfants qui ont besoin d'un cadre légal pour être "protégés". Les francophones, en tant qu'individus, doivent se tenir debout pour gagner le respect. Pas que les souverainistes/indépendantistes, qui trop souvent délèguent cette responsabilité à qui? À l'État.
La loi 101 ne protège pas le français. En protégeant une langue, un groupe plutôt que des individus, elle désensibilise et déresponsabilise les francophones de perpétuer une langue qui n'est pas parlée par beaucoup en Amérique du Nord mais qui est le témoin de l'histoire de ce continent.
Le problème de la majorité des gens, j'espère ne pas généraliser mais je sens que je n'aurai pas le choix, c'est de se fier uniquement à l'État pour protéger qui ils sont. Si les Québécois d'expression française étaient véritablement fiers du fait qu'ils parlent français, même si certains individus voudraient qu'ils soient aussi à l'aise en anglais, en espagnol, en mandarin, même si ils pouvaient envoyer leurs enfants à l'école anglaise, ILS N'OUBLIERAIENT PAS LEUR LANGUE MATERNELLE.
Ceux qui enverraient leurs enfants à l'école anglaise (Quelle imprudence s'insurgeront certains!) s'ils pouvaient devraient continuer de parler français à la maison et s'assurer de la maîtrise du français de leurs enfants. Est-ce que c'est trop demander au Québec, de se soucier de ce que nos enfants apprennent sans seulement s'en tenir à l'école. Internet existe, au lieu de s'abrutir à regarder Le Banquier et à regarder des téléréalités insipides, et à voter, pourquoi on ne se soucie pas de ce qui est véritablement important. Pourquoi se croit-on si médiocres au Québec? À force de laisser dormir le potentiel on ne va que sombrer davantage dans la médiocrité!
Des politiques basées sur la réalité du terrain plutôt que des idéaux de Canada bilingue ou de Québec unilingue
On ne peut pas protéger le "français" légalement, on ne peut pas protéger l'anglais non plus, on ne devrait pas protéger une langue. Les langues changent.
Par contre, on peut faire en sorte que la politique s'accorde plus justement à l'échelle régionale.
Je pense que le gouvernement fédéral - devrait garder l'anglais et le français dans ses langues officielles, sur Internet par exemple. Mais certainement pas sous la forme d'un bilinguisme des fonctionnaires d'un océan à l'autre, puisque la réalité démographique démontre que les francophones sont surtout au Québec.
Je pense plutôt que ça devrait être une politique basée sur un seuil, pour déterminer quelle(s) langue(s) officielle(s) la fonction publique fédérale devrait être capable de s'adresser dans un lieu donné. Ceci devrait être fait à l'échelle des communautés de recensement, pas des provinces qui sont des entités trop grandes. Si 80% des gens ont pour langue d'usage le français, la seule langue officielle devrait être le français. Si 80% des gens ont pour langue d'usage l'anglais, la seule langue officielle devrait être l'anglais. Si c'est entre les deux, les deux langues sont officielles et le personnel, dans ces zones où le bilinguisme risque d'exister véritablement, se devra d'être bilingue.
Mais si cela est trop compliqué, peut-être qu'on devrait se concentrer pour assainir les finances publiques au Québec, faire payer les tarifs d'électricité au prix du marché et de la destruction qu'engendre les projets hydroélectriques, bref, faire du Québec la locomotive du Canada avant d'entrevoir la souveraineté du Québec. Et un Québec qui n'aurait plus besoin de loi 101!
Je suis fédéraliste par dépit, mais à très long terme, peut-être que j'aimerais voir le Québec avoir pleine autonomie. On ne fait pas la souveraineté pour régler ses problèmes, on règle ses problèmes pour ensuite faire la souveraineté, ça résumerait à ça ma philosophie des choses.
Je suis mêlé... mais qui ne l'est pas un peu dans la vie. Si tout était clair on ne débattrait de rien.
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