Depuis quelques jours, les essayistes Charles Taylor et Jocelyn Maclure parlent de leur nouveau livre Laïcité et liberté de conscience. Encore une fois, ces gérants de tour d'ivoire réitèrent sur les ondes de Radio-Canada leur foi en l'indéfendable: la «laïcité (sic) ouverte (sic)».
Rassurez-vous, même si ce n'est pas l'envie de le faire qui me manque, je ne passerai pas en revue les très savantes certitudes de Charles Taylor sur notre histoire.
Parlons plutôt de la religion. Ces enfonceurs de touches de claviers «Qwerty» nous disent que la garantie par l'État (tant canadien que québécois) du droit de se faire accommoder raisonnablement pour des motifs religieux n'entre pas en conflit avec la laïcité. De plus, ajoute ce cher Mclure, le Canada/Québec est déjà laïc. En effet, selon les deux, notre État n'entretient pas «des liens organiques» avec une religion particulière, car la présence dans nos lois de la religion comme un motif pour exiger un «accommodement raisonnable» confirme la séparation (ou la «neutralité» comme ils aiment bien le dire) entre l'État et les religions.
Or, où est la logique dans un tel propos? S'il est vrai que l'État n'est pas soumis à une religion particulière, l'État est toujours mêlé aux religions. En effet, en vertu des chartes canadienne et québécoise des droits et libertés, l'État doit garantir aux individus le droit d'avoir un service public ajusté selon leur croyance religieuse. Bien sûr, il faut qu'il y ait une limite «raisonnable».
En gros, mêler les religions d'une manière quelconque n'est pas ce qu'on appelle de la laïcité! Ou bien l'État arrête de se prononcer sur les questions religieuses ou il le fait. Si Charles Taylor et Jocelyn Maclure avaient un minimum d'honnêteté intellectuel, ils avoueraient qu'ils sont contres toute forme de séparation entre les religions et l'État au nom des accommodements religieux.
Point à la ligne!


Bonjour,
RépondreSupprimerJe vous invite cordialement à venir répondre à une entrevue très courte et amusante sur mon blogue:
http://tymmachine.blogspot.com/2010/03/les-grandes-entrevues-tym-machine-vous.html
Salutations,
TM
'' S'il est vrai que l'État n'est pas soumis à une religion particulière, l'État est toujours mêlé aux religions. "
RépondreSupprimerContrairement à toi, je ne pense pas qu'ils se fourvoient. Ils ont simplement une vision qui reconnait l'existence des religions, un point sur lequel tu n'es pas d'accord. Mais je pense que tu fais fausse route quand tu dis qu'ils sont contre toute forme de séparation entre les religions et l'État. La séparation entre les religions et l'État veut simplement dire que nos codes de lois ne devraient pas favoriser une religion en particulier. Le problème, c'est que les religions minoritaires semblent profiter d'un traitement de faveur. Je m'abstiendrai de te traiter d'athée intégriste, le problème n'est pas les accomodements religieux mineurs mais bien ceux qui s'en servent pour faire avancer un agenda politique.
«[...] je pense que tu fais fausse route quand tu dis qu'ils sont contre toute forme de séparation entre les religions et l'État. La séparation entre les religions et l'État veut simplement dire que nos codes de lois ne devraient pas favoriser une religion en particulier.»
RépondreSupprimerJe persiste et je signe: Taylor et Mclure utilisent les termes «laïcité», «neutralité d'État» ou même «séparation», car ils savent que l'opposition ouverte à toute forme de séparation entre l'État et les religions a une très mauvaise presse. Bref, c'est ce qu'on appelle la désirabilité sociale. Deuxièmement, Léonard, ce que tu décris n'est aucunement de la séparation entre les religions et l'État. Effectivement, si l'État - dans le raisonnement de Charles Taylor et Jocelyn Mclure - ne favorise pas une religion spécifique, il laisse les religions, sous un souci d'égalité, influencer l'application de nos lois et l'administration de nos services publics. C'est ça qu'ils appellent la «séparation» entre les religions et l'État? Bref, Léonard, l'État n'a pas à dire ce qui est une religion et ce qui ne l'est pas. D'ailleurs, si l'État se met à reconnaître à la religion, il se met dans l'obligation de toujours plaire aux religions aux détriment des athées ou des gens religieux qui ne veulent pas recevoir des accommodements religieux (ex: les bouddhistes et à un moindre égard les catholiques).
«[...] le problème n'est pas les accomodements religieux mineurs mais bien ceux qui s'en servent pour faire avancer un agenda politique.»
Si le Canada mettait des limites, les fauteurs de trouble fermeraient leur trappe? Tant qu'on y est, interdire le port des symboles religieux dans les institutions d'État et les écoles publiques n'est aucunement un favoritisme envers les athées. Après tout, si l'État faisait cela, il ne s'attaque tout de même pas à ce qui a entre les deux oreilles des individus!
je crois que tu ignores ce que veut dire laïcité. Laïcité ne veut pas du tout dire ''L'État ne doit pas parler de religion'', mais plutôt l'État et la gestion de la société se fait de manière Non-confessionnelle. C,est une nuande de poids.
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