Hier, Gérald Tremblay, le maire de Montréal et chef d'Union Montréal, a formé son cabinet municipal. S'il y a une chose qui a retenu l'attention, c'est bien l'inclusion de deux membres de l'opposition : Richard Bergeron, le chef de Projet Montréal, et Lyn Thériault, une élue de Vision Montréal.
Évidemment, Bergeron a eu le portefeuille de l'urbanisme. Tout d'abord, le maire Tremblay mérite certes des applaudissements de notre part. Comme l’ont souligné bien des gens, cela constitue une manière de gouverner la métropole sans partisannerie. Deuxièmement, cela a le mérite d’envoyer un message à certains élus d’Union Montréal. Effectivement, nul n’aurait accepté de voir le maire diriger la ville seulement avec l’aide des membres de son parti politique en raison des histoires de corruption récemment dévoilées.
Cependant, ce qui est en cause, c’est la question qui fut posée à Richard Bergeron par certains journalistes. Étant au centre du processus de prises de décision, Bergeron (et par extension Projet Montréal) serait-il mal placé pour critiquer l’administration Tremblay? Comme l'ont bien souligné certains, si Bergeron osait s'insurger contre la présente administration municipale sur les questions d'urbanisme, il émettrait des jugements contre des décisions sur lesquelles il a eues une influence. Or, une telle analyse est incomplète bien qu'elle comporte une part de vérité. En réalité, l’inclusion de Bergeron dans le comité exécutif de Montréal peut être vue comme un geste d’humilité de la part de notre maire. Tremblay ne pouvait pas se permettre de laisser de côté un candidat maîtrisant mieux le dossier de l’urbanisme (surtout le transport en commun) que lui ainsi que des membres de son parti.
Après tout, depuis deux ans, l’administration Tremblay donnait l’impression de ne rien faire de concret pour notre réseau de transport en commun. Cela dit, pensez à son plan de construction d’un réseau de tramway, de prolongement de certaines lignes du métro et de développement de pistes cyclables se trouvant au cœur d’un plan qui s’échelonne sur vingt ans. De plus, lors de l'annonce de ce plan, Tremblay avait donné l'impression d'avoir pigé dans le buffet d'un adversaire et que ça sentait le manque de préparation. En même temps, sans pour autant tomber dans la complaisance pro-Bergeron, une question mérite légitimement d’être posée : combien de temps cela prendra-t-il réellement pour l’implantation du réseau de tramway dès la mise en chantier du projet?
Finalement, espérons que le pari d’inclusion de deux membres de l’opposition par le maire Tremblay sache faire du bien d’abord et avant tout à notre ville.
